| Dans la foulée de mai 68 et
des Etats généraux du cinéma, le cinéma
d'intervention renaît de ses cendres, avec la volonté de
filmer le réel sur le vif et d’agir sur les mouvements
de lutte. Dans ce contexte d'effervescence militante, des réalisatrices
s’emparent des nouvelles ressources du cinéma, et en particulier
de la vidéo, avec les caméras Portapak de Sony. Elles
accompagnent ainsi l’histoire et les luttes des femmes et prennent
en charge leur propre représentation. A l'instar de Virginia
Woolf qui réclamait Une chambre à soi, les féministes
demandent "une caméra à soi", et en font un
acte de renaissance. |
Un peu partout en France, les collectifs
vidéos se multiplient, non institutionnalisés, fluctuants
et fertiles. Les réalisatrices ne commentent jamais les propos
de l'extérieur, à travers une voix off. Ne pas couper,
ne pas censurer.
Rien ne doit entraver ou altérer la parole. Les films, les vidéos,
les enregistrements sonores, les rushes du fonds du Centre audiovisuel
Simone de Beauvoir sont issus du cinéma militant des années
1960 à 1980, de l’art vidéo des années 1980,
des mouvements sociaux et politiques des années 1990 à 2000. |