Interventions en milieu carcéral

Un des objectifs poursuivis par le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir est de favoriser la diffusion du cinéma auprès d’un large public et notamment auprès des personnes incarcérées. Les projections mensuelles au centre de détention de Fleury-Mérogis permettent aux personnes détenues (femmes et hommes) d’accéder à des œuvres cinématographiques de fiction et documentaires, projetées sur grand écran, en version originale de préférence et accompagnées par des professionnel.le.s du cinéma.
Les séances sont présentées conjointement par la déléguée générale du Centre et un·e professionnel·le du cinéma (actrice, acteur, réalisatrice, réalisateur, technicien·ne, scénariste…) ou autres (universitaires, critiques, journalistes…). Chaque séance est suivie d’un débat ouvert permettant une approche artistique, un regard féministe et un échange de points de vue et de questions sur le film et sa réalisation.

La programmation explore l’histoire de la représentation des femmes au cinéma, en favorisant le cinéma indépendant, et confronte des œuvres de cinéastes de pays et de générations différentes. Nous privilégions les films mettant en scène des personnages femmes et hommes qui échappent ou tentent d’échapper aux stéréotypes de tout type et aux clichés de genre.

Ces séances permettent de proposer des lectures en rapport avec les thèmes des films et de relier ainsi la programmation au travail de la bibliothèque ou des cercles de lecture. En effet le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir collabore avec l’association Lire c’est vivre (créée en 1987 pour développer la lecture en milieu carcéral et les bibliothèques du Centre de détention des maisons d’arrêt de Fleury-Mérogis). Ce travail en commun permet de favoriser les passages entre la lecture et la pratique cinématographique, de montrer les liens existant entre la création cinématographique et d’autres formes de l’art contemporain.

Des professionnel·le·s du cinéma tels Keren Yedaya, Julie Bertuccelli, Agnès Varda, Isabelle Huppert, Solveig Anspach, Hiam Abbas, Maria de Medeiros, Abderrahmanne Sissako, Tony Gatlif, Patricia Mazuy, Daniele Arbid, Elie Wajeman, Damien Bonnard, Michel Hazanavicius, Agathe Riedinger, Inès Léraud et Pierre Jolivet et beaucoup d’autres … sont venu.e.s présenter leur travail et débattre avec les détenues.

Depuis septembre 2023, des projections rencontres ont débutées dans un des bâtiments de la Maison d’arrêt des hommes.

Des ateliers de programmation et d’analyse filmique sont également proposés à la maison d’arrêt de femmes et à la maison d’arrêt des hommes. Ils ont essentiellement lieu l’été. Ces ateliers permettent aux détenu·e·s travaillant en petits groupes d’apprendre de manière directe les films, d’en débattre, de les analyser et de les programmer pour l’ensemble des personnes en détention.