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Inês de Delphine Seyrig, 1974



Apprenant par son amie brésilienne comédienne Norma Bengell l’arrestation et les sévices commis contre Inês Etienne Romeu (1942 – 2015), militante brésilienne opposée à la dictature, Delphine Seyrig décide de dénoncer son emprisonnement et les tortures.
Inês Etienne Romeu est incarcérée en mai 1971 à São Paulo, où elle est torturée 
et violée. Transférée à Rio de Janeiro, elle est condamnée en 1972 à la perpétuité et restera emprisonnée à Bangu jusqu’en 1979. Deux ans après, elle dénoncera les tortures et notamment le rôle du médecin Amílcar Lobo. 
En 2009, elle a reçu des mains de la ministre Dilma Rousseff, en présence du président Lula, le Prêmio Direitos Humanos (le Prix des droits humains), dans la catégorie Droit à la mémoire et à la justice. 

Contexte 
Des féministes, réunies en Congrès international à Francfort en 1975, rédigent une résolution de soutien à Inès Etienne Romeu. Elles somment le général Geisel, président de la République du Brésil, de mettre en liberté inconditionnelle et immédiate Inês Etienne Romeu et de faire en sorte que ces tortionnaires soient jugés dans les plus brefs délais.  Les femmes du Congrès de Francfort, imprime plus de 10 000 cartes postales et les envoient, respectivement aux ambassades du Brésil et de 10 pays, afin de réclamer la libération Inês Etienne Romeu.

Comme l’ont souligné Giovanna Zapperi et Nataša Petrešin-Bachelez  (Musas Insumisas, Museo nacional Centro de arte Reina Sofia, 2019) « Cette vidéo est étroitement liée au militantisme politique de Seyrig, membre du comité international pour la libération d’Inês Etienne Romeu.
La vidéo est un appel à l’action. La voix de Seyrig s’adresse directement au général Ernesto Geisel, président du Brésil, et dénonce les crimes d’État commis contre les femmes. Inês est une reconstitution douloureuse, bien que théâtralisée -la bande-son est celle de la chanson Amada amante- qui passait pendant les tortures, le calvaire enduré par Romeu.
La militante brésilienne a finalement réussi à s’échapper, et son témoignage a attiré l’attention tant sur la prison où elle était détenue que sur la pratique généralisée de la torture au Brésil. »

En 2003, Inês Etienne Romeu a été violement attaquée chez elle et souffrait depuis de graves troubles neurologiques. Elle a cependant continué à dénoncer les atrocités commises contre les personnes détenues pendant la dictature à la Casa de morte.
Le 25 mars 2014, lors d’une audience de la Commission nationale de la vérité sur la Casa da Morte de Petrópolis, Inês a identifié six de ses tortionnaires et geôliers. Elle est décédée en 2015 à l’âge de 72 ans. (Memórias da ditatura)

Restauration
L’idée de la restauration du film est née en 2019 lors d’un séminaire sur l’historique de la vidéo féministe à l’école de cinéma Zine Eskola de San Sebastian.
Ros Murray chercheuse associée au Centre a travaillé en collaboration sur deux vidéos du Centre  La Marche de femmes à Hendaye et Les Mères espagnoles en collaboration avec Arantza Santesteban Perez, réalisatrice et commissaire passée par la Tabakalera. Lur Olaizola coordinatrice de l’unité cinéma de la Tabakalera a également travaillé sur ces 2 films.
C’est tout début  2025 que cela a pris forme après des échanges avec l’école et avec Amanda Soares étudiante de l’école intéressée à faire la restauration de Inês dans le cadre de son master.  Le travail de restauration effectué à partir de deux éléments vidéos pour l’ image et le son a débuté au printemps 2025 et s’est terminé tout début 2026. Le Centre a mis a disposition la vidéo originale montée en 1 pouce et une première numérisation en Beta numérique.


Ines

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