20, 21 & 22 avril 2108 en Corrèze « Ecoutez le cinéma chanter » avec Autour du 1er mai

*Vendredi 20 avril, 20h30
St-Martin-la-Méanne, salle du cantou

What happened, Miss Simone ? de Liz Garbus
Documentaire, couleur et noir et blanc, États-Unis, 2015, 101 min

Film présenté et débattu par Nicole Fernandez Ferrer

Quelque temps après l’assassinat du Dr Martin Luther King, Nina Simone est en scène devant un auditoire africain-américain. Ses cheveux serrés dans un haut turban, portant de grandes boucles d’oreille elle interpelle le public : « Êtes-vous prêt à prendre les armes ? Êtes-vous prêt à tuer ? »
À cette époque, Nina Simone n’est plus uniquement la pianiste et chanteuse de jazz qui présente poliment « I Love you Porgy » dans l’émission Playboy’s Penthouse, elle est la militante des droits humains politiquement engagée, capable de provoquer à la fois dans sa vie publique et privée. Grâce à de nombreuses archives inédites et à des entretiens avec sa fille, la réalisatrice Liz Garbus entrecroise les différentes phases de la vie de Nina Simone en tentant de montrer la femme complexe, l’artiste adulée, la femme engagée, très médiatisée puis isolée.

 

*Samedi 21 avril, 15h00
Naves, chez Bernard Mullet, paysan

Discorama, signé Glaser de Esther Hoffenberg,
Documentaire, couleur et noir et blanc, France, 2007, 67 min

Film présenté et débattu par Nicole Fernandez Ferrer

Quand Denise Glaser lance son émission Discorama en 1959, les artistes, chanteurs, acteurs et musiciens invités à présenter leur disque sont très intimidés par les caméras. Denise Glaser est la première productrice animatrice à être traitée comme une star par la presse, qui célèbre ses découvertes : Barbara, Serge Gainsbourg, Maxime Le Fores er, Michel Polnare , Georges Moustaki, Johnny Hallyday, Catherine Lara, Dick Annegarn.
Discorama va apporter à la télévision, avec l’arrivée en 1964 de Raoul Sangla, un style inspiré de la nouvelle vague du cinéma. Raoul Sangla, suivi par Jacques Audoir, réalise de superbes enregistrements directs en studio, avec des gros plans très composés. Denise Glaser devient la reine de l’interview. Ses silences et sa finesse psychologique amènent les artistes à réfléchir sur leur propre travail et à se révéler dans un face- à-face intimiste. Engagée dans son époque, Denise Glaser a laissé avec ses invités un des plus beaux trésors artistiques des années soixante. Le film brosse, grâce aux témoignages, aux extraits d’archives et à des scènes d’évocation, les dessins liés de Discorama et de Denise Glaser, en tentant d’être à leur image, à la fois élitiste et populaire.

* Dimanche 22 avril, 15h00
Sérilhac, salle des fêtes

Mizike mama de Violaine de Villers
Documentaire, couleur, Belgique, 1992, 52 min

Film présenté et débattu par Nicole Fernandez Ferrer

L’Afrique est la terre de sa mère, l’Europe celle d’un père qu’elle n’a jamais connu. Ce métissage, Marie Daulne l’utilise dans ce qu’elle fait naturellement avec talent : le chant, avec son groupe Zap Mama.
Le film est une rencontre avec Marie Daulne, une jeune chanteuse dont le travail se base sur ses origines métisses. Le film dévoile les rapports entre les deux cultures, africaine et européenne, la force émotionnelle de leur mélange, la nécessité de création à partir de cette double origine. Ce bagage incomparable lui permet de découvrir d’autres idiomes comme les musiques des pygmées Ba-banzélé et Mangbetu du Zaïre. Mais elle est aussi à l’écoute de styles comme le jazz, le gospel, la musique cubaine. Elle harmonise ces sons et ces rythmes, les différentes voix s’enchaînent dans une réjouissante polyphonie et polyrythmie ; puis elle s’entoure de filles « qui lui ressemblent », qui, comme elles, sont éduquées en Europe et chantent merveilleusement. Elles sont belles les Zap Mama, drôles, touchantes, pleines d’enthousiasme et d’intelligence.